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Des larmes à la soupe

Dernière mise à jour : 3 juin 2023


Je lui avais dit que je lui enverrais une réponse, plus tard, dans quelques jours, même si son courriel n’en réclamait pas. Elle n’y avait laissé aucune hésitation, aucun doute, ni même une place pour l'argumentation. Mais j’y tenais, j’en avais besoin. J’ai pris une longue semaine d'introspection et de réflexion et, samedi, dans la verrière ensoleillée du chalet, face au lac gelé, j'ai pondu ma lettre.


Je lui ai écrit juste ce qu’il fallait, des mots bien mesurés, des sentiments bien ajustés. Je lui ai écrit les mots qu'elle voulait lire, les mots qu’il lui fallait pour vraiment partir. Je lui ai dit que c’était mieux comme ça. J’ai répondu avec ma tête en faisant taire mon cœur qui lui, n’arrête plus de crier depuis. Je n’ai pas menti. J’ai fait ce qu’il fallait faire, même si ça fait mal en dedans.


Il faisait froid aujourd’hui sur la ligne de piquetage et on aurait dit que la tristesse était au rendez-vous pour plusieurs d'entre-nous. L’incertitude et l’inquiétude en rongeaient sûrement plus d’une, y compris moi. Mais mon esprit n’était pas vraiment au combat ou à ce combat d'aujourd’hui, mon militantisme n’était pas au rendez-vous malgré que la cause soit juste et valable. Ma lutte à moi était intérieure. Je me sentais seule même au milieu de mes collègues qui m’entouraient de leurs sollicitudes et qui m’offraient leur soutien. Tout ce que je voulais c’était sortir de ma torpeur et me libérer de cette lourde peine qui pesait sur mon coeur. Mais c'était une cause perdue.


Au bout de mes quatre heures de piquetage obligatoire, transie par le froid et par le chagrin j’ai enfourché mon vélo et j’ai sprinté à la maison où un réconfort m’attendait, un baume pour l’âme, la soupe de poisson de mon amie J.


J’ai rencontré J il y a plus de 20 ans aujourd’hui. À l’époque, j’étais en dépression. Je vivais une rupture difficile, je venais d’avoir mon diagnostique de maladie coeliaque et mon emploi était en péril. Elle aussi vivait des moments difficile, comme moi, elle venait de se séparer et elle bataillait pour trouver de l’aide pour son fils S, atteint du syndrôme d’Asperger. Nos souffrances de l’époque nous ont vite soudées l’une à l’autre d’une belle et solide amitié. Lorsque l’une d’entre nous avait besoin de parler, de compagnie ou simplement d’oublier, nous nous invitions à souper. J me disait; Là, je suis due pour une fondue au fromage! Et sinon, moi, je lui disais; Tu me ferais une soupe de poisson? Le message était toujours reçu et entendu.


Sa soupe dont j’ai emprunté la recette pour la servir à mon restaurant des années plus tard (légèrement modifiée, bien sûr), est encore d’actualité pour les mauvais jours, mais aussi, maintent, tout autant pour les bons. C'est sans doute pour ça qu'elle m'en a fait le week-end dernier au chalet et qu'elle m'en a laissée à ramener à la maison.


La soupe au poisson de J ou

La bouillabaisse canadienne


6 à 8 portions


Les Ingrédients :

500 g d’aiglefin ou autre poisson blanc

200 g de crevettes

200 g de pétoncles

2 branches de céleri haché

2 oignons haché

6 oignons verts émincés

2 gousses d’ail haché

1 morceau de zeste d’orange (2 pouces)

2 boîte de tomate entière ou en dés

1 tasse de vin blanc sec

1 tasse de bouillon de poulet ou d’eau

De l’huile pour la cuisson

1 feuille de laurier, 1 pincé de Cayenne,1/2 c. à thé de thym et 1 pincée de safran

Sel & poivre


Méthode :

Faire revenir tous les légumes dans l’huile jusqu’à ce qu’ils soient légèrement mous et translucides. Déglacer avec le vin, laisser bouillir pendant quelques minutes. Ajouter le bouillon (ou l’eau), les tomates, les herbes et les épices. Laisser mijoter pendant 15 minutes. Goûter et rectifier l’assaisonnement s’il y a lieu.

À cette étape, vous pouvez le laisser refroidir pour le réfrigérer ou le congeler pour un usage ultérieur. Sinon, 20 minutes avant le service, y ajouter les fruits de mer et le poisson et brasser de temps à autre jusqu’à ce que le poisson soit d’une couleur blanche opaque et qu’il se défasse aisément dans la soupe. Servir avec du pain et de la rouille.


La rouille! Ou, comment sublimer votre soupe de poisson


Mélanger ensemble,

2 cuillère à table de mayonnaise maison (voir recette dans Poulet en spécial)

1 cuillère à thé d’huile d’olive

2 pions d’ail haché finement

5 ml de safran, 2.5 ml de paprika, cayenne au goût

Un tout petit peu de piment fort frai, haché finement (facultaif)


Pour le vin, j'irais pour un blanc, évidemment un vin dont je vous ai déjà parlé serait très bien, il s'agit du chardonnay La Fille Couillaud Lord De La Ragotière. Je vous offre cependant d'autres choix, un sancère serait superbe bien qu'un peu dispendieux sinon la SAQ nous suggère un vin de la vallée de LA Loire, le Henri Bourgeois Pouilly-Fumé En Travertin 2019





Bon appétit


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